09 avril 2011
Dysfonctionnement signalé
Ce pauvre blog risque d'être en panne jusqu'à la fin avril ou environ...Tristesse
18 avril 2010
La rupture sans peine
Vous auriez bien voulu mettre fin à votre relation face à face mais un nuage de cendres volcaniques empêche votre ultime voyage et votre portable n'a plus de batteries? Vous êtes la lâcheté même ou vous n'avez plus du temps à consacrer à celui/celle que vous considérez comme votre ex depuis que Morgan/Loana est entré(e) dans votre vie? Ce n'est pas un vrai problème..."I Dump 4 U" est le site qu'il vous faut.
Pour un prix tout à fait modique au regard du service rendu, le dénommé Bradley Laborman téléphone à votre "ex" pour lui expliquer que c'est fini entre vous et que ce n'est pas elle/lui mais bien vous le problème...Bradley se propose même de délivrer la nouvelle en personne sur le territoire des US pour le même prix (+prix du billet d'avion et de la chambre d'hôtel le cas échéant). Vous êtes fiancé(e)? Pour $25 vous ne le serez plus. Marié(e)? Ce sera $50 mais bientôt du passé:
"$10 Basic Breakup- We will call your other and make them your ex using the information you have given us.
$25 Engagement Breakoff - Yeah it’s heartless, but remember the Runaway Bride and all the trouble she caused in Atlanta or wherever? This is a lot easier way to do it. When you are ready to talk to your fiance/fiancee, we recommend you do however.
$50 Divorce Call- Sometimes it is just easier to
get a divorce in motion by having someone else do it for you, some
people might choose their mistress, etc .. but we can do it for you as
well"
A savoir: si vous hésitez encore à passer à l'acte, les coups de fils de "break up" (the news!) enregistrés et purgés des informations trop personnelles sont écoutables sur le site. Vous pourrez ainsi tester le professionnalisme de Brad. Bien lire les petites lignes: Brad ne rembourse pas si la personne appelée ne comprend pas et s'obstine à penser que quelque chose reste possible entre son "dumper" et elle...Ah oui et la rédaction de ce blog est bien entendu offusquée par ce genre de pratiques.
17 avril 2010
Adrien Goetz : "Il faut aussi soigner l'âme, l'architecture intérieure"
Ci-dessous, un extrait d'un très intéressant article du Monde daté du 16 avril 2010. Il est accessible directement dans son intégralité sur le site du journal en cliquant là.
En France, la préservation du patrimoine ne semblait pas être un sujet de débat ou de polémiques. N'est-elle pas en train d'en devenir un ?
Adrien Goetz : Dans la dernière loi de finances, on a vu arriver, caché, un article prévoyant que les monuments appartenant à l'Etat puissent être transférés aux collectivités territoriales et qu'ensuite l'Etat exercerait un contrôle sur ces biens patrimoniaux pendant seulement vingt ans. Après quoi les collectivités deviendraient libres d'en faire ce qu'elles veulent, pourquoi pas de les vendre. Cette disposition a été annulée par le Conseil constitutionnel. Un groupe de députés de la majorité vient, derechef, de formuler une proposition de loi en ce sens. C'est grave. C'est la première atteinte portée à l'inaliénabilité du patrimoine français. On commence avec les monuments, on continuera avec les musées. Le système est astucieux. L'Etat ne se désengagerait pas immédiatement, c'est une braderie lente. Que les collectivités gèrent des monuments, cela n'a rien de scandaleux, encore faut-il qu'elles en aient les moyens. Dans le système actuel, les monuments rentables et ceux qui ne le sont pas s'équilibrent. Là, on ouvre la porte à une sorte de "patrimoine business".
Il y a pourtant déjà des monuments gérés par des collectivités.
En y regardant de près, on peut justement concevoir des inquiétudes pour l'avenir, si cette proposition de loi est acceptée. Prenons l'exemple de la Maison carrée de Nîmes, gérée par la municipalité. Elle a été transformée, avec l'aide d'une société privée, en un cinéma en 3D qui raconte la vie des grands hommes de la ville, dans un petit film d'une demi-heure. Ce bâtiment est un chef-d'oeuvre insigne, le seul temple antique ayant conservé sa couverture, avec le Panthéon de Rome, un vestige qui appartient au patrimoine universel. Il est désormais dédié à la promotion de Nîmes. Voilà ce qu'on fait, par souci de rentabilité, au lieu d'expliquer aux visiteurs l'architecture romaine. Aujourd'hui, l'intérieur de la Maison carrée, coffré en toile rouge, ressemble à un cinéma de quartier.
Comment s'y opposer ? Le livre que vous avez dirigé, "100 monuments, 100 écrivains, histoires de France" (Ed. du patrimoine, 488 p., 850 illustrations, 80 euros) était-il un geste en ce sens ?
Le hasard a fait qu'au moment où cet article était introduit dans la loi de finances, j'avais proposé à cent écrivains de divers horizons et générations de défendre cent monuments français, ceux dont s'occupe le Centre des monuments nationaux. J'ai été étonné devant le nombre de réponses enthousiastes. J'aurais pu faire deux volumes au lieu d'un. Nos monuments sont l'identité de la France, au sens de Fernand Braudel, au vrai sens de l'expression. Et les écrivains d'aujourd'hui, les jeunes, sont prêts à reprendre les combats des écrivains français de l'époque romantique, de Victor Hugo, de Charles Nodier, de Prosper Mérimée... Ces monuments, dans toutes les régions, sont la meilleure manière d'accéder à l'art, de faire découvrir l'architecture, la peinture, la sculpture, les jardins. C'est une magnifique porte d'entrée à la culture, ce qui, évidemment, n'est pas nécessairement rentable. Je déteste entendre dire, de manière négative : "Cela va devenir un musée." Les musées et les monuments sont les lieux les plus vivants qui soient pour l'imaginaire.
Croyez-vous vraiment que le patrimoine soit en péril ?
On peut le voir à Versailles même. Pas du tout parce qu'on y a introduit de l'art contemporain. Jean-Jacques Aillagon, en faisant venir Jeff Koons ou Xavier Veilhan, a su restaurer l'esprit des lieux, celui des fêtes de l'Ile enchantée, de l'art éphémère du premier Versailles. En revanche, j'ai été choqué de voir construire une nouvelle grille archidorée, qui modifie radicalement la façade. Cette folie a été financée par un mécène. Voilà un autre péril plus insidieux, une conséquence de la loi sur le mécénat de 2003. Une loi qui a d'excellents résultats mais aussi un effet pervers : dès qu'on trouve un mécène, les architectes en chef, qui prennent 10 % sur chaque chantier, lui proposent des reconstructions mirobolantes, comme cette monstrueuse grille dorée. On parle de reconstruire Saint-Cloud, les Tuileries... Il serait beaucoup plus important d'achever la mise aux normes électriques des grands châteaux. Mais quel mécène voudra faire cela ?
Vous appartenez à l'organisation Patrimoine sans frontières, dont vous avez été le vice-président jusqu'en 2009. Vous savez que certains jugent secondaire de s'occuper du patrimoine dans des pays en guerre, où meurent tant de personnes. Qu'en pensez-vous ?
Patrimoine sans frontières est une organisation humanitaire agissant dans le domaine culturel. Créée il y a une quinzaine d'années, elle s'attache à défendre, internationalement, le patrimoine oublié, tout ce qui n'intéressa jamais les grands mécènes. On est allé en Albanie, à Voskopojë, restaurer de magnifiques peintures murales dans des églises abandonnées. Au Cameroun, réapprendre aux artisans l'architecture des cases traditionnelles. Au Liban, dans des villages qui avaient besoin qu'on restaure d'abord le tissu social. Ou encore dans des villages perdus de Biélorussie, ravagés par Tchernobyl, où on avait privé les populations de la mémoire même de la catastrophe qu'ils avaient subie. C'est une défense du patrimoine au sens premier du mot. Dans les pays en sortie de crise ou en sortie de guerre, le patrimoine est une urgence, immédiatement après les vivres et les médicaments.
Ceux qui pensent que c'est secondaire se trompent. On travaille aujourd'hui à Haïti. Pour les Haïtiens, qui ont besoin de tout, la restitution du patrimoine est essentielle. Je parlais avec l'écrivain haïtien Dany Laferrière quelques jours après le séisme. Je lui demandais s'il n'était pas un peu prématuré de se préoccuper du patrimoine au moment où il y avait là-bas tant de victimes. Il a tout de suite répondu : "Au contraire, c'est capital, c'est notre culture." Il faut aussi soigner l'âme, l'architecture intérieure. Quand on voit un peuple martyrisé, il faut l'aider à retrouver sa fierté, sa culture, ce qu'il aura envie de transmettre aux générations suivantes.
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